On ne cessera jamais de le rappeler, la Guinée est une famille indivisible dont les membres sont condamnés à vivre ensemble, à s’accepter, à se donner la main pour construire leur pays.

Depuis quelque temps, l’on assiste cependant, avec beaucoup d’amertume, à une recrudescence de la violence aussi bien dans la capitale que dans certaines villes de l’intérieur.

Le bras de fer politique entre le pouvoir et l’opposition autour de l’installation des conseils communaux a conduit aujourd’hui à une crise dont la Guinée et les Guinéens auraient pu et dû se passer allègrement.

L’Opposition républicaine a décidé unilatéralement d’organiser des séries de manifestations pour protester contre ce qu’elle considère comme le non-respect des accords politiques. Les journées ‘’ville morte’’ et les marches interdites qu’elle organise ont jusqu’ici été émaillés d’incidents plus ou moins graves.

Les 7 et 8 novembre, deux jeunes et un policier ont trouvé la mort à Wanindara, dans la commune de Ratoma. Le 16 novembre, c’est un capitaine de l’armée guinéenne qui s’est fait lyncher par des jeunes au retour d’un enterrement à Bambeto.

Au regard donc de cette situation de plus en plus explosive et dans le souci de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens, les autorités ont cru devoir prendre leurs responsabilités en rendant opérationnelles les patrouilles mixtes (police-gendarmerie-armée) le long de certains axes routiers et au niveau des endroits hautement sensibles de Conakry. Une mesure qui, comme il fallait s’y attendre, est diversement appréciée dans la cité.

L’autre sujet de préoccupation, c’est bien cette grève du SLECG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) qui, depuis son lancement le 3 octobre dernier, continue de paralyser le système éducatif par endroits. Aboubacar Soumah et ses camarades tiennent à ce que le gouvernement ouvre un couloir de négociations autour des 8 millions de francs guinéens comme salaire de base pour chaque enseignant. Des revendications salariales que tous les observateurs avertis jugent irréalistes.

Il serait suicidaire, pour tout Guinéen patriote, de croiser les bras ou de se taire face une crise politique à laquelle vient se greffer une crise sociale. A travers les actes qu’on pose quotidiennement, l’on devrait donner la preuve de notre patriotisme sans faille et de notre profond attachement à la paix et à l’unité nationale.

Les acteurs politiques ne devraient pas se faire prier pour jouer la carte de l’apaisement et éviter de jeter de l’huile sur le feu. Ils devraient faire preuve de responsabilité en éduquant leurs militants et en tenant des discours rassembleurs.

Quant aux enseignants grévistes, ils doivent accepter de revenir à de meilleurs sentiments. La nation toute entière comprend effectivement les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’exercice de leur métier. Mais de là à verser si facilement dans la radicalisation et le jusqu’auboutisme,  il y a un pas qu’ils devront se garder de franchir avec empressement. Le peuple leur sera toujours reconnaissant. Au Gouvernement, gouverner c’est de prévoir ; la situation des enseignants reste préoccupante, donc, rétablir l’ordre et la discipline dans le pays est une nécessité.

La presse, en tant que quatrième pouvoir, devrait elle aussi jouer son rôle en toute responsabilité. Les journalistes doivent avoir comme bréviaire le respect scrupuleux de l’éthique et de la déontologie de leur noble métier. Le traitement de l’information doit se faire avec professionnalisme. Dans les émissions interactives,  les articles, les dépêches, les reportages  télé ou radio, l’on doit faire très attention à ce qu’on dit et à ce qu’on écrit.

Aux coordinations régionales, attention aux déclarations de prise de position qui facilement favorise le repli-identitaire ; inscrivez-vous dans la sensibilisation et le renforcement des liens sociaux qui fondent l’existence de notre république.

Aux autorités du pays, l’on ne peut que demander humblement l’application stricte de la loi en toute circonstance pour mettre au pas tous les adeptes de l’anarchie et de l’incivisme. Que Dieu sauve la Guinée !

Mohamed Sita Cissé ‘’Sitanium’’

Ingénieur          

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here