Chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la CRIEF autrement composée : Kabinet Sylla et Fatoumata Diakité cités à comparaître, « L’agent judiciaire de l’État ne veut pas accepter la défaite » Me AST 

L’affaire opposant Kabinet Sylla et Djoma, poursuivis pour les infractions de “ corruption dans le secteur privé, détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écriture publique, vol en bande organisée, recel de fonds publics, enrichissement illicite, concussion, abus d’autorité, blanchiment des capitaux et complicité ” à l’État, prend un tournant décisif après la cassation de l’arrêt de non-lieu des prévenus par la chambre de contrôle de l’instruction de la Cour suprême. 

Alors que l’État semble sur la défensive, l’issue de cette procédure pourrait marquer un précédent important pour la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières, avec une comparution imminente des accusés le 11 mars prochain devant la chambre spéciale de contrôle de l’instruction autrement composée. 

Lors d’une interview accordée à notre reporter le 25 février 2025, à la sortie de l’audience, Me Almamy Samory Traoré, un des avocats des prévenus, laisse entendre que c’est l’État qui est en position de faiblesse dans cette affaire. Il affirme. « C’est l’un des gros dossiers de la CRIEF. Il faut comprendre l’extrapolation qu’en fait ce dossier. Je crois que le conseil de l’État ne veut pas recevoir un revers parce que vous imaginez que c’est le premier dossier de la CRIEF et qu’à tous les niveaux de ladite cour, l’État a perdu. Maintenant, la Cour suprême, vous savez, quand elle est saisie, ce sont des questions de forme qu’elle vérifie. 

Donc, s’il y a des formes, ceux qu’eux reprochent à la chambre de contrôle pour dire que la chambre n’a pas usé sa faculté de vocation, qu’elle aurait dû approfondir les enquêtes, nous sommes là pour l’approfondir dans les enquêtes. Je crois qu’à date, c’est l’État qui est en position de faiblesse. Parce que nous, nous avons une ordonnance de non-lieu qui est toujours en vigueur et dont on va éventuellement discuter : est-ce qu’elle a été conforme à la loi ou pas avec la nouvelle composition ? » martèle-t-il. 

Plus loin, l’homme en robe crie à une détention arbitraire de son client en soulignant que l’agent judiciaire de l’État refuse d’accepter la défaite. « La détention de Kabinet, c’est déjà arbitraire puisque la durée légale de la détention est dépassée. On est déjà à plus de 24 mois. Donc, sur ce débat, on ne va pas se pimper. C’est l’agent judiciaire de l’État qui ne veut pas accepter la défaite. Donc, il faut user de tous les moyens et puisque monsieur Kabinet Sylla n’a rien à cacher, on viendra se défendre sur la base du droit, parce qu’on n’a pas d’autre moyen que la loi », affirme-t-il. 

Il convient de rappeler que Kabinet Sylla « Bill Gates » et Fatoumata Diakité, représentante légale de Djoma Groupe, sont cités à comparaître le 11 mars 2025 devant la chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la CRIEF autrement composée. 

Aliou Diaguissa Sow 

627 51 44 41 

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