43 militants FNDC incarcérés à Kankan: Me Béa revient de N’Zérékoré et de Kankan avec de «bonnes nouvelles» et des révélations (Interview)

Tribunal de Kaloum: grande victoire des avocats du FNDC dans le dossier Saikou Yaya
Me Salifou Béavogui, l'un des avocats du FNDC/Image d'archive

On en sait un peu plus sur le dossier des 42 militants et responsables supposés du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) interpellés à N’zérékoré après les énervements survenus en marge des élections du 22 mars et détenus à Kankan. Après une tournée à N’Zérékoré et à Kankan, Me Salifou Béavogui, l’un des avocats du FNDC, revient à Conakry avec une moisson importante. Il fait le bilan de cette tournée au micro de Guinee114.com, revient sur ce qu’il a pu obtenir et apporte des nouvelles de ses clients en prison.

Lisez !

Guinee114.com: qu’est-ce qu’on peut retenir de votre déplacement ?

Me Salifou Béavogui : à N’zerekoré, j’ai été bien reçu par le pool de juges d’instruction qui travaille d’arrache-pied. La procédure avance beaucoup, c’est le dossier du 22 mars dans lequel y a 44personnes interpellées, inculpées et placées en détention à Kankan. J’en ai profité pour solliciter l’annulation d’une réquisition que le procureur avait délivrée à la police avant la saisine du pool de juges d’instruction.

Guinee114.com: quelle en était la teneur ?

Il y avait une liste de personnes à interpeller et uniquement composée de militants et sympathisants du FNDC. Maintenant que le dossier est devant un pool de juge d’instruction, cette réquisition du procureur tombe d’elle-même. Parce qu’une fois qu’un juge d’instruction est saisi, c’est lui seul qui peut décider de convoquer une personne ou de délivrer un mandat. La réquisition date du 06 avril alors que les juges ont été saisis fin mars. Mais malheureusement, sur la base de cette réquisition, des citoyens ont été persécutés, ils étaient obligés de vivre dans la clandestinité par-ci par-là alors que la réquisition du procureur ne peut plus résister après que le juge d’instruction soit saisi. Sauf d’disposition contraire mais je ne n’en trouve pas. Donc j’ai demandé à obtenir l’ordonnance de retrait de cette réquisition. Les persécutions vont cesser. J’ai obtenu cette ordonnance qui retire cette réquisition de la circulation.

Quelle est la conséquence  du retrait de cette réquisition ?

La conséquence est que les personnes qui vivaient dans la clandestinité, qui étaient persécutées, peuvent tranquillement ressortir et reprendre leurs activités. Maintenant, s’il y a des soupçons contre eux, le juge d’instruction peut leur adresser des convocations régulières et elles se présenteront et s’expliqueront, c’est cela la légalité.

Vous avez été à Kankan aussi, quel est le constat ?

 Je suis arrivé à Kankan vendredi et j’ai plaidé la liberté pour Cecé Loua et autres. Il est malade, il a déjà été interrogé, il n’a été dénoncé par personne, il n’était pas sur les lieux. C’est inutile de le maintenir en prison, c’est un prisonnier d’opinion, nous avons plaidé et la décision est attendue le mercredi, le 1er juillet. Pour Cécé Loua et pour les 42 autres. J’ai profité de l’occasion pour les rencontrer tous. J’ai rencontré tout le monde en prison, j’ai pris tout mon temps. Certains ont été interpellés dans leurs champs, d’autres en train de récolter le vin, c’était une rafle organisée et ciblée. Ils se sont retrouvés en prison ainsi avec aucune preuve.

Comment avez-vous trouvé  leur état de santé ?

Très alarmant ! Je remercie le régisseur de la prison civile de Kankan qui fait le maximum de lui-même. Tous les 43 sont malades. Même au niveau de leurs parties génitales, ils sont infectés de gales. Ils ont des gales sur tous leurs corps. Ironie du sort, c’est un codétenu, infirmier d’état qui travaille à Siguiri, qui était parti en février pour saluer sa famille et qui a été embarqué dans ce dossier comme étant complice. C’est ce dernier qui s’occupe de ses codétenus médicalement. Cela est une tristesse.

Je remercie la communauté forestière à Kankan, et toutes les communautés qui n’ont manqué de se donner les mains par des contributions, des nourritures…pour venir en aide à mes clients en prison. Je souhaite qu’ils soient tous libérés parce qu’ils n y’a pas de preuves. Je remercie aussi le procureur de Kankan qui nous a facilité le travail et qui veille sur le dossier. Il fait tout pour que la loi soit respectée.

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Interview transcrite par Souleymane Diallo