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Abandon des poursuites contre les journalistes dans l’affaire 200 milliards: réactions croisées des avocats

Après la décision d’abandon des poursuites judiciaires contre les journalistes dans l’affaire dite 200 milliards GNF ce lundi, 18 janvier 2021, au Tribunal de Première Instance de Kaloum, les avocats de la partie civile et ceux de la défense ont livré leurs sentiments.

Au nom du collectif des avocats des journalistes Maître Salif Béavogui n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction. « Je me sens très heureux avec le collectif des avocats parce-que le droit a été dit et bien dit. La décision de ce matin est une décision qui est conforme à la loi. Le tribunal a constaté qu’autour des 200 milliards, une information judiciaire est déjà ouverte au cabinet du doyen des juges d’instruction. Conséquemment, il est inopportun qu’une autre action parallèle soit engagée contre d’autres personnes devant le même tribunal. Qu’il faut donc attendre que le doyen des juges d’instruction qui est saisi du dossier de détournement de 200 milliards finisse son travail avant qu’on ne fasse quoi que ce soit. Donc finalement ces poursuites sont désormais classées dans les tiroirs et aux calendes grecs en attendant que de l’autre côté les investigations soient faites. Je suis particulièrement très heureux. Vive le droit dans notre pays. Donc aujourd’hui ces journalistes sont renvoyés de toute procédure judiciaire jusqu’à ce qu’à ce que le cabinet d’instruction finisse son travail. Et ça, c’est un long processus qui risque de prendre des années. Parce qu’avant que cette procédure ne finisse là-bas soit par un non-lieu ou par un renvoi, qu’une décision jusqu’à la Cour Suprême, soit définitive, il faut compter deux à trois ans avant que peut-être la personne X qui est soupçonnée venait à être innocentée par la justice. Et ça, ce n’est pas pour le moment. C’est pourquoi je dis que ce sont des poursuites qui sont rangées aux calendes grecs », a réagi Maître Salif Béavogui.

De son côté la défense a déclaré que « tout a été dit sauf le droit ». «Vous savez lorsqu’on est dans une procédure judiciaire, c’est à la fois un procès, mais également c’est un message qu’on lance aux non-juristes. En matière de citation directe conformément aux dispositions de l’article 460 du code pénal, la loi voudrait qu’à la première audience soit fixée le montant de la consignation pour les frais qui peuvent être engendrés par ce procès. Ce c’est qui devrait être fait à la première audience. Mais malheureusement, le procureur soulève des exceptions alors que les débats n’étaient même pas déclarés ouverts. C’est du jamais vue. C’est une jurisprudence… Nous nous ne comptons pas arrêter là puisque nous allons exercer les voies de recours qui sont d’ailleurs en droit. Cette décision n’est même pas juridique. Nous nous avons porté plainte pour diffamation. À l’issue de l’enquête s’il est avéré qu’elle ne se reproche de rien, on ne parlera plus de diffamation. Plutôt on parlera de dénonciation calomnieuse. Qui sont deux infractions différentes. Je crois qu’il y a la violation de l’article 460 par le tribunal et nous allons nos moyens d’appel devant la Cour d’appel de Conakry », a déclaré Maître Ousmane Simakan

Mamadou Kouyaté

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