Gestion du Covid-19 en Guinée: un médecin tire la sonnette d’alarme

Coronavirus: l'ANSS annonce 4 nouvelles dispositions pour passer de 500 à mille tests par jour

La mauvaise gestion du Coronavirus en Guinée est de plus en plus évidente. Chose qui rend difficile la lutte contre sa propagation dans le pays. Ce matin, un médecin de l’hôpital régional de Kankan a réagi par téléphone dans l’émission les “Grandes Gueules” d’Espace FM. Il s’agit du Docteur Moro Sidibé. Sa sortie médiatique fait suite à un cas confirmé de l’épidémie dans la ville. La patiente était partie de Conakry et elle avait été transportée par un détenteur de laisser-passer. Mais dès que son test s’est avéré positif, elle a été ramenée à Conakry pour une prise en charge.

Pour l’épidémiologiste, face à une cirse sanitaire comme celle actuelle, les professionnels de santé savent ce qu’il faut faire : « Ce qui se passe en Guinée, j’ai l’impression que ça relève ou du mépris ou de l’incompétence. Lorsque de telle situation arrive, si les professionnels sont débordés, ils doivent se référer aux fondamentaux. En matière d’épidémiologie, le facteur connu dans la propagation d’une pandémie est d’agir, influer sur le nombre de reproduction de base désigné par R0, c’est-à-dire à le nombre de personnes qui sont contaminées par une personne malade pendant la durée de sa maladie. Si R0 est supérieur à un, le nombre de personnes infectées augmentera aussi de façon exponentielle, c’est-à-dire de façon rapide et continue. Cette croissance conduit rapidement à un nombre de cas dépassant les capacités sanitaires. C’est ce qui risque de nous arriver.» 

Pour mieux circonscrire la pandémie, Docteur Mori Sidibé fait des propositions aux décideurs: « Evitez d’importer les cas nouveaux. Ce qui implique la fermeture, le filtre de transfert des cas contaminants. Ce qui revient à bloquer les villes. Sur le plan médical, détester et soigner le mieux possible les victimes de l’infection. Imposer les dispositions de distanciation à l’ensemble de la population y compris l’isolement, le confinement, la quarantaine. Il faut que Conakry qui est l’épicentre soit confiné. Conakry est aujourd’hui une véritable cocotte bouillon de Covid-19 à distribuer aux régions. Le confinement de Conakry va diminuer le nombre de personnes contaminées, désengorger des formations sanitaires le temps de soigner bien les malades et cela va éviter la propagation de la maladie dans le reste du pays. Si non la pandémie risque de faire des dégâts considérables.»

La Guinée a déjà franchi la barre de 1000 cas confirmés de Coronavirus. Ce qui fait d’elle l’un des pays du continent africain les plus touchés par l’épidémie.

Interview-Zalikatou Diallo(RPG) brise le silence: «qu'on sorte de cette situation de ni paix ni guerre»
Lire

Diop Ramatoulaye