Guinée: témoignages glaçants d’un “rescapé” du Camp militaire de Soronkoni 

Tortures: témoignages pathétiques d'un rescapé du camp Soronkoni 
Le tristement célèbre camp militaire de Soronkoni à Kankan continue de faire parler de lui. Il est considéré par l’opposition comme étant un lieu de détention et de torture de personnes arrêtées à Conakry et dans certaines régions du pays en marge des manifestations anti-troisième mandat.
Ce mardi 31 mars 2020, la rédaction de Guinee114 et d’autres médias de la place ont ont  donné la parole à un jeune âgé d’une trentaine d’années, se présentant comme étant un rescapé dudit camp militaire. De son arrestation à Conakry à son transfèrement à Soronkoni, jusqu’à sa libération, cette “victime” raconte sa mésaventure sous anonymat.
Question: racontez-nous les conditions dans lesquelles vous, personnellement, vous avez été arrêté à Conakry et vos conditions de détention au camp de Soronkoni.

VS: J’ai été arrêté dans la nuit de mardi à mercredi 12 février à Conakry à mon lieu de travail à Kaloum et on nous a transféré au camp Soronkoni, à trente-cinq kilomètres de Kankan dans la nuit du jeudi 13 février 2020 par l’unité  de Samorea avec des gens encagoulés. On était quarante personnes dont trois fous dans une même cellule. On dormait sur les carreaux sales. Nous y avons passé un mois et trois semaines. Là-bas, c’est trop chaud. Le manger n’est pas bon, il n’y a pas d’eau. Il fait excessivement chaud au camp Soronkoni. Beaucoup de mineurs tombaient là-bas, certains se plaignent de maux de ventre. On n’avait pas accès au téléphone.

On vous donnait à manger combien de fois par jour ?

Le matin on nous donnait du café avec beaucoup de sucre et du pain simple alors que la journée, on nous donnait un plat de riz pour dix personnes. Nous étions une quarantaine, on nous a constitués en quatre groupes de dix éléments. Donc on mangeait dix par plat.

Est-ce que vous avez été victimes de tortures de la part de ceux qui vous ont arrêtés ?
On ne nous a pas frappé physiquement. Mais on nous insultait à chaque occasion.
Certains disaient que nous étions des manifestants, qu’on tenait des réunions pour brûler des mairies, des stations, des voitures… D’autres nous traitaient de criminels, d’assassins, de rebelles, de mercenaires…
De quoi vous reprochait-on?
On ne nous a rien dit. On nous avait juste dit que notre sortie du camp dépendait de la tenue des élections législatives et référendaire. On nous a dit que même si les élections se tenaient en 2025, on allait nous garder jusqu’en 2025. C’est après les élections du 22 mars qu’on nous a libérés.
Justement racontez-nous les circonstances dans lesquelles vous avez été libérés ?
Nous avons été libérés le 29 mars dernier.  On nous a ramenés dans un seul camion jusqu’à Kagbelen, vers 2 heures du matin et chacun s’est débrouillé pour rentrer chez lui. On se sent un peu mieux aujourd’hui.
Diop Ramatoulaye
666751610
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