Le groupe des 518 aussi se plaint de «l’ingratitude» du ministre Tibou Kamara et le met en garde (Interview)

Le groupe des 518 aussi se plaint de «l’ingratitude» du ministre Tibou Kamara et le met en garde (Interview)

Alors qu’il doit faire face à un bras de fer qu’il aurait avec le chef du gouvernement, le ministre Tibou Kamara est désormais dans le viseur d’un groupe de pression non des moindres dans l’appareil d’Etat. Le groupe des 518, autrement appelé Jeunes Acteurs pour le Changement (JAC 518), croit dur comme fer qu’une publication le concernant ces derniers jours, n’est l’œuvre de personne si ce n’est pas Tibou Kamara. Dans un entretien accordé à la rédaction de Guinee114.Com, Alhoudine Barry, porte-parole des 518, est largement revenu sur ce qui pourrait être le différend entre le groupe et Tibou Kamara qu’il qualifie ouvertement d’ingrat.

 Guinee114.com : Il se dit que vous n’avez pas suffisamment mouillé le maillot, est-ce qu’il y a des actions visibles au cours de cette campagne ? Ensuite, est-ce que vous êtes d’ailleurs obligés d’être sur le terrain politique ?

Allahoudine Diallo : d’abord, nous n’avons pas à justifier notre soutien au président de la République. C’est un pacte de sang qui existe entre nous. Ce qui veut dire qu’il n’y aura pas de trahison entre nous et nous constitutions un binôme.  Ceux qui disent cela, nous les comprenons très bien mais c’est ingrat de leur part puisque celui qui est derrière tout ça, nous avons, à travers une d’entre nous,  contribué avant et pendant les élections pour qu’il devienne aujourd’hui député. Aujourd’hui au lieu de nous remercier, c’est passer par des fusibles pour nous insulter.

Vous semblez dire qu’il y a quelqu’un derrière tout ça. Vous pensez à qui ?

C’est malheureusement monsieur Tibou Kamara qui est derrière. Ce que nous allons dire à Tibou c’est que le voltage de la charge des 518 est grand. Marouane qui ne constitue que 170 volts ne peut pas retenir cette charge. Encore moins Tibou qui n’est que 220 volts. Nous sommes 518 volts. Toucher les 518, c’est toucher le plutonium avec les mains.

Maouloud 2019: le Premier ministre au siège du RPG «pour bénir pour…notre champion»(Vidéo)
Lire

Quand vous dites qu’un des vôtres était aux côtés de Tibou, vous parlez de qui ?

Je parle de la grande combattante Zenab qui était avec lui. Dans la bataille politique, les 518 sont comme une force spéciale du président de la République. Avant la campagne, nous avons mobilisé 1700 jeunes pour pouvoir sensibiliser les citoyens à s’enrôler.  Nous avons fait tout ce travail sur fonds propres mais aujourd’hui il y a très peu de gens qui peuvent soulever les mains pour dire qu’ils ont mené des activités sur fonds propres. Nous n’avons pas à démontrer. Si les gens ne peuvent pas nous remercier, qu’ils ne soient pas ingrats.

Pour quel intérêt Tibou chercherait-il à vous nuire ?

Je pense que les gens n’ont pas bien cerné notre discours. On avait fait un message à l’adresse de certains membres du gouvernement fraîchement nommés quand nous avons été reçus par le Premier ministre. Il y avait certains ministres auprès du Premier ministre notamment Tibou. On a été pourtant très clair. Tous ceux qui travaillent pour le président de la République, nous les soutenons. Mais nous ne sommes pas à la solde d’un ministre pour combattre ses collègues. Là, ceux qui pensent qu’ils pourront avoir notre solidarité qu’ils se détrompent. Nous ne serons pas un instrument d’un ministre. Le ministre passe et le président reste et demeure notre seul patron. Peut-être que puisqu’on l’a aidé à être député il pense qu’on est acquis à sa cause. Nous sommes acquis à la cause du parti et non d’un ministre.

Affaire Mamadi 3 Kaba: de la parole à l'acte, le barreau a déposé sa plainte à la Cour suprême
Lire

On apprend qu’entre vous il y aurait des accusations. Est-ce que cela ne risque pas d’affecter votre cohésion ?

Je suis le porte-parole des 518 et ce que je vous dis c’est au nom de tous les 518. Il n’y a ni division ni accusation à l’interne. Zénab a travaillé avec Tibou, la vice-présidente a travaillé à Mamou. Au même moment le président de JAC 518 coordonnait la commune de Ratoma. Moi-même coordinateur des zones de Koloma et Koloma Soloprimo le jour du vote. Il fallait être un guerrier pour le faire. Sans parler d’autres qui se sont déplacés. On avait combien de candidats ? Il n’y a pas eu un groupe des 518 qui a travaillé et un autre qui n’a pas travaillé. Tous les 518 qui travaillent individuellement ou collectivement, ont travaillé au compte des 518. C’est vrai qu’il y a d’autres parmi nous qui, pour multiplier le nombre d’adhérents du parti, ont jugé utile de créer des mouvements de soutien.  Je peux citer quelques-uns. Il y a Youssouf Sampil qui a un mouvement, monsieur Dabo qui a un mouvement. Zenab a un mouvement aussi. Chérif à l’impôt a un mouvement, il y a tant d’autres qui ont des mouvements de soutien.

Mais est-ce que le président est satisfait du travail dont vous vous vantez ?

Effectivement, il est très satisfait. D’ailleurs il nous a sollicités pour engager un autre front par rapport au coronavirus. C’est pourquoi je vous dis que nous sommes une force spéciale. Donc nous ne nous laissons pas distraire par des ingrats.

Entretien réalisé par Thierno Amadou M’Bonet Camara (Rescapé N°4)