Lutte contre le troisième mandat : pour éviter le pire à la Guinée, Bah Oury souhaite un changement de stratégie

Lutte contre le troisième mandat : pour éviter le pire à la Guinée, Bah Oury souhaite un changement de stratégie

Alors que le FNDC (front national pour la défense de la constitution) appelle à de nouvelles manifestations de rue à Conakry, Coyah et Dubréka, le 06 août prochain, Amadou Oury Bah connu sous le nom de Bah Oury propose à ses pairs un changement de méthode pour éviter au pays de sombrer dans le chaos.

Le 06 août 2020 c’est le deuxième jour de l’examen d’entrée en septième année (CEP). Ce jour, appeler à des manifestations de rue qui peuvent dégénérer équivaut à empêcher le bon déroulement de cet examen national dans les villes concernées. Or, pour le président de l’Union des démocrates pour la renaissance de la Guinée (UDRG), il faut surtout éviter de donner l’impression que l’on lutte uniquement pour ses propres intérêts, mais pour le bonheur de tout le monde.

« Il nous appartient d’aller en profondeur, de montrer que ce n’est pas un combat contre une communauté, contre une personne, mais un combat contre une manière de gouverner la Guinée. Parce cette manière de gouverner la Guinée ne date du régime d’Alpha Condé. Elle est antérieure à cela. Et c’est ça qui pose problème », a expliqué sur les antennes de Lynx FM, l’ancien ministre de la Réconciliation nationale pour qui, la Guinée, un pays qui devrait être la locomotive en Afrique de l’ouest, est en retard pas parce qu’elle est pauvre mais parce qu’elle est mal gouvernée.

Face à la volonté d’Alpha Condé d’être candidat à sa propre succession, beaucoup estiment que l’opposition politique devrait essayer de trouver un candidat unique pour parvenir à l’alternance. A la question de savoir, qu’est-ce qu’il pense, l’ancien vice-président de l’UFDG (union des forces démocratiques de Guinée), principale formation de l’opposition guinéenne, répond que dans un pays normal, une candidature unique de l’opposition peut être une solution pour parvenir à l’alternance. Sauf que la Guinée a cessé de fonctionner normalement. « Dans un pays relativement  normal, avec des institutions qui fonctionnent tant bien que mal, avec un fichier électoral qui peut être malgré tout, relativement acceptable, cette façon de voir pourrait être une solution. Mais en ce qui nous concerne, vous voyez la cour constitutionnelle ! Il y a une faute grave au niveau de la cour constitution tel qu’ils ont présenté. Et la cour constitutionnelle a accepté cela. La CENI (commission électorale nationale indépendante : ndlr) ne fait que faire ce que le pouvoir veut, sans rechigner, sans résistance. Vous avez le fichier électoral qui est totalement corrompu ; un million six cents mille électeurs fictifs sur sept millions trois cents. Ce sont des électeurs présentant des disfonctionnements graves qui ne devraient pas être dans le fichier. Donc quel que soit la candidature unique ou pas, le choix du Prince c’est de dire : je fais semblant d’organiser une élection et à la fin de compte, je vais être déclaré vainqueur. Ce n’est pas ça qu’il faut chercher à avoir », a répondu l’imperturbable Amadou Oury Bah.

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Pour l’ancien ministre du gouvernement de large ouverture d’Ahmed Tidiane Souaré, ce qu’il faut d’abord est de faire en sorte que les choses pussent changer sur le plan de la gouvernance du pays. Car, indique-t-il, l’avenir politique d’Alpha Condé est minime par rapport à la vie de toute la Guinée. « Il faut économiser le temps, économiser l’énergie, économiser beaucoup de vies humaines pour pousser à ce que les choses se fassent correctement parce que la misère est grande. Nous sommes aujourd’hui dans une situation, si les gens ne prennent pas garde, ce qui se passe au sahel risque de nous arriver. Et en ce moment-là, on ne parlera pas d’élection. On parlera de sécurité. On parlera de gouvernabilité du pays », a-t-il conclu.

GS