Mamady Onivogui (Elazologa) devant le tribunal criminel : son avocat très inquiet

Le coordinateur du mouvement ‘‘Elazologa’’ a comparu le lundi, 29 mars 2021, devant le tribunal criminel de Dixinn. Une première en Guinée, concernant un activiste de la société civile. Maître Salifou Béavogui, avocat de la défense, se montre très inquiet pour l’avenir de son client qui, selon lui, a été  arrêté pour le « faire taire ».

« Nous nous pensons qu’il a été simplement arrêté pour le faire taire. Lui-même il l’a dit ! Pour nous, c’est un jeune de Macenta qui se battait pour le développement de Macenta et que c’est à cause de cela qu’il a été arrêté et emprisonné et nous avons demandé au juge d’ordonner sa remise en liberté en dépit de la lourde peine que le parquet a sollicitée », a indiqué Maître Salifou Béavogui.

Convaincu de l’innocence de son client, Maître Salifou Béavogui affirme : « Mamady, il est aujourd’hui emprisonné pour des faits dont il ne s’est pas rendu coupable ».

Plus loin, l’avocat précise : « Il est le premier du genre, en ma connaissance, à être trimbalé devant le tribunal criminel en tant qu’activiste de la société civile. Et vous voyez devant le tribunal criminel ce sont des peines afflictives et infamantes. Afflictives parce que vous êtes privé forcement de votre liberté d’aller et de venir. Infamantes parce que ça peut aller à la privation de vos droits civiles et politiques. Donc c’est un tribunal redoutable. Avant la réforme récente, c’est la cour d’appel qui jugeait et on appelait ça la cour d’assises. Ce sont des hommes en robes rouges qui jugeaient parce qu’on suppose que ce sont des faits très graves qui doivent venir devant ce genre de tribunal ».

« Qu’est-ce que Mamady a fait de très grave ? Demander la réhabilitation de l’usine de thé de Macenta ? ça ce n’est pas très grave… Demander à ce qu’il y ait entente entre les fils de Macenta, ce n’est pas grave. Demander à ce que les routes soient bitumées, ce n’est pas grave. Ce sont des sollicitations. Est-ce que ces demandes-là peuvent l’amener devant un tribunal criminel ? Çà, je tombe de nu. Mais nous, en tant qu’avocats, nous prenons acte de ces manœuvres tendant à neutraliser toutes les personnes qui sont gênantes et nous les défendrons conséquemment. Et nous irons jusqu’au bout. Tant que nos clients ne seront pas libérés, nous continuerons à nous battre », a promis Maître Salifou Béavogui en guise de conclusion.

À noter que Mamadi Onivogui est venu au tribunal avec six chefs d’accusations mais c’est quatre qui ont été retenus par le juge d’instruction. A savoir : provocation à un mouvement insurrectionnel, association de malfaiteurs et des menaces relatives à des publications sur Facebook.

 

Mamadou Macka Diallo

666 660 366

Articles similaires