Ministère Public contre Saidouba Sankon et Ismaël Condé : réactions croisées des différents avocats

Le maire de la commune de Matam, Saidouba Sankon et de son premier adjoint, Ismaël Condé étaient devant le tribunal de Première Instance de Mafanco le lundi, 21 juin 2021.

Poursuivis pour escroquerie, entraves à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés, entre autres, au préjudice de la société Etoile émergence, les deux responsables de l’exécutif communal de Matam ont nié en bloc les faits à eux reprochés.

Au sortir de l’audience, après le renvoi du dossier à la semaine prochaine pour la comparution des témoins de la partie civile, le porte-parole du collectif des avocats de la défense a dénoncé un « dossier politique ».

« Il s’agit d’un contrat et dans ce contrat, l’une des parties se plaint de son exécution. Et en pareille circonstance ce sont les tribunaux civils qui devaient statuer sur un tel dossier. Mais malheureusement, comme on voulait régler les comptes à Ismaël Condé, on a profité pour le trimbaler à la justice. Mais comme on s’est rendu compte que ce dossier-là n’est pas un dossier assez consistant et que si on venait devant le tribunal, les avocats auraient pu démonter assez facilement, on a fait une sorte d’incursion sur sa page Facebook, pour aller sortir des publications qu’il a faites en tant qu’homme politique. C’est pourquoi nous disons qu’Ismaël Condé est l’exemple type d’un prisonnier d’opinion », a soutenu maître Mohamed Traoré.

Du côté de la partie civile, Maitre Sidiki Bérété, après avoir regretté l’attention politique portée sur ce dossier, a précisé qu’il est là pour que le tort soit réparé.

« Des pauvres mamans ont travaillé deux mois 19 jours sans être payé malgré la signature de monsieur le maire au nom de la commune de Matam et de son vice maire. Je regrette qu’on soit en train d’attirer l’attention politique dessus. La partie civile est là pour tendre la main à la justice pour que le tort soit réparé. On tient à ce qu’un monsieur qui nous a donné le carnet pour prélever la part d’Ismaël Condé pour qu’il vienne témoigner cela. Et sans oublier la situation de celui qui percevait par Orange Money les 200milles. Pour que justice soit faite et être indemnisé de la prestation faite au nom d’un marché public par tromperie. On ne peut pas faire signer un contrat et exécuter au nom de la commune et on nous dit que ce sont des citoyens riverains qui vont nous payer. Et on nous a manipulé et la manipulation en pénale à une appréciation », a expliqué l’avocat de la partie civile.

A en croire l’avocat de la partie civile, les deux mois et 19 jours non payés sont estimés 119 millions de francs guinéens sans oublier les 200 milles qu’ils ont payé pour carburer le camion par jour et sous réserve de la caution de deux millions qu’ils ont payée.

Souleymane Bah 621 20 91 91

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