Niankoye Yves Haba, directeur Centre national de transfusion sanguine: «le manque de poches de sang se faisait sentir, mais c’est pire cette fois-ci» (interview)

Niankoye Yves Haba, directeur Centre national de transfusion sanguine: «le manque de poches de sang se faisait sentir, mais c'est pire cette fois-ci» (interview)
Niankoye Yves Haba, Directeur national du CNTS

Guinée-Le Centre national de transfusion sanguine (Cnts) éprouve des difficultés à pouvoir satisfaire la demande en poches de sang. Son directeur national, dans une interview ce lundi 15 juin 2020 au lendemain de la journée mondiale des donneurs de sang, est revenu sur ces difficultés dont souffre sa structure. Dr Niankoye Yves Haba a surtout décrit les conditions particulières de travail en cette période de Coronavirus, avant de lancer un appel aux potentiels donneurs.

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Guinee114.com: quelles sont difficultés que vous rencontrez dans la collecte de sang en cette période marquée par la propagation du coronavirus en Guinée ?

Niankoye Yves Haba : il y a d’énormes difficultés de mobilisation pour collecter du sang. C’est l’occasion pour rappeler aussi non seulement aux donneurs habituels de continuer à donner du sang malgré la Covid-19 mais aussi inciter les associations à faire aussi appel à de nouvelles personnes à travers la sensibilisation pour leur dire qu’il y a encore une nécessité de continuer à donner le sang. Il y a une nécessité que ceux qui ne s’investissent pas d’habitude dans le don de sang puissent le faire pour que les gens qui ont besoin du sang puissent en bénéficier et en toute sécurité.

Quel est le besoin par an pour satisfaire  les structures sanitaires et les autres nécessiteux qui frappent à votre porte ? 

De façon annuelle, nous avons besoin d’environ 280 mille poches de sang pour toute la Guinée. Ce centre national de transfusion sanguine utilise le tiers de ce produit sanguin. Le reste est réparti à l’intérieur du pays pour pouvoir couvrir l’ensemble des régions.  Le manque de poches de sang dans les structures du pays se faisait sentir d’habitude. Mais c’est pire cette fois-ci. Qu’à cela ne tienne, toutes les structures ont des moyens de conservation. Elles ont aussi les moyens de collecte de sang. Le minium de sang est donc mis en place dans ces structures du pays. Tous les cas d’urgence peuvent actuellement être pris en charge. C’est la quantité suffisante qui n’est pas là pour couvrir tous les besoins. C’est pourquoi les parents sont obligés d’être mis à contribution en donnant du sang de remplacement.

Des volontaires ont donné du sang à l’occasion de cette journée mondiale des donneurs de sang, célébrée dimanche. Combien de poches de sang collectées par votre service à cette occasion ?

Nous avons collecté environ 90 poches de sang à l’occasion de la journée mondiale de donneur de sang à la date d’aujourd’hui.

Comment vous procédez au prélèvement de sang avec la pandémie du coronavirus pour éviter que ceux qui viennent faire un don de sang ne soient pas exposés au coronavirus ou qu’un porteur du virus ne puisse donner du sang déjà contaminé ? 

Quand vous entrez dans la cour et dans le bâtiment pour ceux qui donnent le sang, nous avons une batterie de critères. Ces critères ont été améliorés en ajoutant d’autres éléments informatifs sur la Covid-19. Même si vous avez fait l’objet de prise de température à la porte d’entrée, quand vous rencontrez le médecin qui fait la sélection des donneurs de sang, il a aussi l’obligation de prendre votre température et vous demander si vous n’êtes pas un sujet contact suivit par l’ANSS ou si des cas de Covid-19 n’ont pas été déclaré dans votre famille.

Et quand nous prélevons du sang, nous avons aussi des fiches pour nous rendre compte si quelqu’un qui a été transfusé n’a pas développé la maladie du Covid-19.

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Entretien est réalisé par Mamadou Kouyaté