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Organisation des élections par le MATD : « Nous ne l’accepterons pas », prévient Cellou Baldé

En décidant de supprimer la CENI et de ramener ses attributions au ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le gouvernement guinéen ouvre une nouvelle bataille avec les partis politiques. C’est le cas notamment de l’UFDG, la formation politique dirigée par Cellou Dalein Diallo, qui rejette catégoriquement cette décision des autorités de la transition. Selon Mamadou Cellou Baldé, le coordinateur des fédérations de l’UFDG de l’intérieur, son camp n’acceptera pas du tout que les prochaines élections soient organisées par le MATD.

« On entend que c’est le ministère de l’administration du territoire qui va organiser les élections. Rassurez-vous, nous ne l’accepterons pas, ce n’est pas possible. L’administration du territoire n’organisera pas les élections pour sortir de la transition. Quand vous prenez le titre 4 de la charte de la transition qui parle des dispositions transitoires et finales, il y a l’article 77 qui dit que le calendrier de la transition sera défini de commun accord entre les Forces vives de Guinée et le CNRD. Au titre des dispositions transitoires parlant des institutions, elles n’ont parlé que de la Cour constitutionnelle. Et là, la charte a été claire que pendant la transition, les attributions de la Cour constitutionnelle sont transférées à la Cour suprême.

 Mais pour la CENI, cela n’a pas été indiqué parce que c’est connu. Que ce soient nos lois nationales notamment le Code électoral et la Constitution dissoute, que ce soient les lois supranationales, je veux parler de l’article 3 du protocole additionnel de la CEDEAO, de l’article 17 de la charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance,  tous ces instruments juridiques internationaux auxquels la Guinée a souscrit librement, demandent à ce que des organes indépendants de gestion des élections soient mis en place, des organes neutres et impartiaux », a souligné l’ancien député de Labé.

Ce responsable de l’UFDG déplore le fait que la question du retour à l’ordre constitutionnel soit reléguée aujourd’hui au dernier plan par les autorités de la transition. Il invite encore une fois le CNRD à éviter de s’engager dans une longue transition qui, dit-il, représente des risques pour le pays. Pour lui, la meilleure solution aujourd’hui, c’est de respecter l’article 77 de la charte de la transition. « C’est-à-dire, inviter les véritables Forces Vives de Guinée, avec à tête leurs leaders, je veux parler du président Cellou Dalein Diallo et ses collègues des Forces Vives, pour que nous puissions enfin avoir le véritable dialogue les yeux dans les yeux pour que nous puissions discuter des questions fondamentales liées au retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il souhaité.

Mamadou Macka Diallo

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