Remaniement gouvernemental, installation des conseils de quartier: Bah Oury déshabille le plan d’Alpha Condé

Remaniement gouvernemental, installation des conseils de quartiers: Bah Oury déshabille le plan d'Alpha Condé

L’actualité guinéenne reste encore dominée par le mini remaniement gouvernemental opéré vendredi dernier par le chef de l’Etat. Chez les adversaires politiques du régime en place, l’acte ne signifie pas grand-chose. Pour Bah Oury, il s’agit d’un simple départ de certains ministres et de leur remplacement par d’autres nouvelles figures.

«Je pense qu’en fin de compte, fondamentalement, il n’y a pas eu de changement du gouvernement. Ce n’est qu’un remaniement où il y a quelques personnes qui sont parties et d’autres sont arrivées. Mais par rapport à l’enjeu et à la situation institutionnelle, ça aurait dû être autrement. Ils ont procédé à un changement extrêmement important parce que le Premier ministre n’a plus les mêmes pouvoirs dans le contexte de leur texte actuel par rapport à la constitution de 2010. Ensuite, il y a beaucoup de choses qui ont fait qu’il y a une crise majeure dans le pays. Dans ce contexte, une défection majeure aurait dû être prise mais là, c’est la responsabilité de ceux et celles qui ont accepté de figurer dans ce gouvernement. Mais ce que je dois noter par rapport à ce qui est le plus important, c’est le départ du ministre de la Justice, parce qu’en d’autres termes, je crois savoir que ce type marque une certaine défiance vis-à-vis de ce qui s’est passé avec la falsification de la constitution et le vide constitutionnel qui est en cours actuellement dans notre pays», indique-t-il dans une sortie ce lundi chez nos confrères de Lynx Fm.

Autre sujet sur lequel il est intervenu, c’est le décret instruisant au ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation de procéder à l’installation des chefs de quartiers et districts élus depuis 2018. Bah Oury estime que c’est une stratégie visant à doter le département ‘’de bras pour manipuler des élections à travers l’organisation territoriale du pays”. “Le gouvernement, les gouvernorats, les préfectures, les sous-préfectures. Maintenant ils vont descendre jusqu’au niveau de la base à travers les chefs de quartier et président de districts. Trois ans après les élections communales, c’est maintenant qu’on dit qu’il faut installer les chefs de quartiers et présidents de districts ? En d’autres termes, c’est une manière de dire, donnons-leur une sucette, ils vont se contenter de ça, ça nous permet de passer le cap comme ce n’est pas quelque chose de fondamental, on pourra toujours avoir l’essentiel, c’est-à-dire valider ce qui est fait, c’est-à-dire leur constitution, leur troisième mandat. Et après quiconque va bouger à travers ces chefs de quartier et présidents de district, on va vite le dégommer purement et simplement et nommer un autre’’.

Deux mois après le décès d'Issa Camara, Yomou a enfin un nouveau préfet
Lire

Oury Maci Bah