Tribune-De la réforme du secteur de la pêche maritime en Guinée

De la réforme du secteur de la pêche maritime en Guinée

De nos jours, la pression sur les ressources a atteint un niveau globalement critique et déplorable. La surexploitation de certains espaces côtiers est déjà vraiment perceptible comme les résultats de la recherche et les diagnostics opérés par les pêcheurs et l’industrie de la pêche. La rareté de la ressource et la concurrence ont exacerbé les litiges tant au niveau de la pêche artisanale, qu’entre la pêche industrielle et la pêche artisanale avancée.

L’augmentation de la population à nos jours est environ 10 à 12 millions, la prolifération des industries d’exportation, a contribué à une forte croissance de la demande.

Force est de reconnaitre que l’avenir est donc plein d’incertitudes. Cependant un nombre important d’intervenants dans le secteur de la pêche s’accordent sur le fait que la poursuite de la croissance de l’effort global de pêche et des capacités de transformation dans les mêmes conditions que présentement, risquerait de conduire à la surexploitation de l’ensemble des ressources halieutiques de la Guinée. 

Ainsi, il faut comprendre que la pêche maritime est définie comme étant une «activité ou toute activité en relation avec le fait de localiser les ressources biologiques marines, de mettre à l’eau, de déployer, de traîner ou de remonter un engin de pêche, de ramener les captures à bord, de transborder, de conserver à bord, de transformer à bord, de transférer, de mettre en cage, d’engraisser et de débarquer des poissons et des produits issus de la pêche maritime conformément à l’article 6 du code la pêche maritime guinéenne .

La pêche maritime est une activité importante pour le développement économique des pays côtiers. La pêche maritime participe beaucoup à la création des emplois au sein d’un pays situé à proximité de la mer. Cette pêche participe grandement à la satisfaction des besoins essentiels et nutritionnels des populations dans un pays ou le secteur de la pêche occupe presque 30% des activités de la population côtière un peu partout dans les régions maritimes de la guinée.

Il faut dire que la réforme de la pêche en Guinée est une nécessité pour la protection des ressources halieutiques de notre pays. Ce pendant depuis la première République jusqu’à nos jours, le secteur de la pêche a eu moins de réforme.

a-Alors, que ce qu’il faut pour une meilleure pêche maritime en Guinée ?

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D’abord, il faudra organiser les états généraux de la pêche maritime pour pouvoir identifier les points faibles et les points marquants de la pêche en Guinée :

Alors, durant les états généraux, les acteurs de la pêche maritime à savoir à savoir le Département de la pêche maritime, les sociétés privées de la pêche maritime, l’association des pêcheurs artisanaux, l’association des femmes mareyeuses et les ONG intervenants dans le domaine de protection de l’environnement marin. C’est ainsi qu’avec cette rencontre, chaque structure aura son mot à dire pour parvenir à un examen cohérent fiable et acceptable pour identifier les failles dans ce secteur qui est considéré comme le poumon économique de notre pays.

b-L’audit du régime juridique dans le domaine de la pêche maritime ?

Dans cette deuxième phase, parler de l’audit juridique, nous renvois automatiquement sur l’examen du code qui réglemente la pêche maritime en Guinée.

Il faut forcement mettre en place un régime juridique conforme aux réalités des activités de nos jours dans le domaine des activités de pêche conformément aux textes internationaux que la Guinée a ratifiée sur le plan international. Depuis la mise en place du code de la pêche maritime de 1995, ce code n’a eu qu’une seule révision en 2015 sous l’accompagnement de la banque mondiale. 

Alors, il faudra absolument reprendre cette code pour une meilleure gestion des ressources halieutique de la République de Guinée.

c-La répartition des espaces maritimes relatifs aux activités de pêche maritime ?

Dans ce cadre, il faut absolument mettre la mer territoriale à la disposition de la pêche artisanale et aussi interdire la pêche semi industrielle dans cette zone car c’est la mer territoriale qui est accessible aux piroguiers ou aux acteurs de la pêche côtière.

Ensuite, mettre en place une commission composée des spécialistes dans le domaine maritime pour mettre à la disposition de l’administration un plan de pêche maritime équitable et acceptable de tous pour une meilleure gestion des eaux susceptibles aux activités de pêche.

d-La délivrance des licences de pêche ?

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A ce niveau, il faut mettre en place un Service Autonome Chargé des Licences (SACL), composé d’une équipe consciente et dynamique. Ce service sera chargé d’étudier toutes les demandes de licence relative à la pêche maritime pour une répartition équitable des licences de pêche conformément aux règles internationales et aux idées de la Commission Sous-Régionale de la pêche maritime de l’Afrique de l’Ouest.

e-Les types de pêche maritime ?

Dans cette phase, il faut forcement instaurer deux types de pêche maritime (La pêche industrielle et la pêche artisanale). Il faut catégoriquement éliminée la pêche semi-industrielle communément la pêche artisanale avancée. Cette pêche ravage nos poisons dans la mer territoriale. Ce type de pêche est un danger permanent pour la reproduction des poisons dans cette zone des 12 nautiques qui s’étend jusqu’à 22 Km en mer. 

f-Les amendes relatives aux infractions de pêche maritime ?

Ici, il faut forcement rehausser les amendes relatives aux infractions de pêche maritime pour pouvoir mieux réprimer les auteurs des infractions car la manière dont l’amende est inférieure c’est de cette façon dont l’acteur va toujours continuer à faire la pêche illicite pour s’enrichir illégalement de nos ressources halieutiques.  

g-La surveillance de la pêche maritime ?

La Guinée possède un centre national de surveillance de la pêche (CNSP). Ce centre doit être équipé par des matériels de nouvelle génération applicable dans le domaine de la surveillance de la pêche maritime. Il faut renforcer la formation des inspecteurs de pêche et aussi renouveler ce corps d’inspection par une nouvelle génération consciente et dynamique et en fin, mettre en place, une brigade de recherche pour une lutte efficace dans les eaux sous juridictions et sous souveraineté de la Guinée.  

NB: Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation de nécessité de la réforme du secteur de la pêche maritime en Guinée :

 l’insuffisance de mesures d’aménagement pour la pêche artisanale qui débarque deux tiers des captures et qui bénéficie d’un régime de libre accès aux pêcheries ; le contrôle difficile de la pêche industrielle ; le manque de moyens financiers et de ressources humaines, notamment en matière de recherche et surveillance ; la mauvaise perception de la réglementation au niveau des utilisateurs des ressources maritimes ; l’insuffisance de la collaboration sur les questions liées à l’aménagement des pêches ; l’inexistence d’objectifs clairs et de réponses claires en ce qui concerne l’aménagement  des ressources halieutiques et  dans le même temps on observe un manque d’usine de transformation des captures. 

Hamidou Diallo

Juriste Spécialiste en Droit Maritime

e-mail : [email protected]

Tel :+224628910338

 

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