Violences électorales en Guinée: l’activiste Kaly Diallo dénonce “du jamais vu en Guinée”

Les guinéens ont assisté à un double scrutin législatif et référendaire émaillé de violences ce dimanche 22 mars 2020. À l’issue de cette élection contestée par les grands partis de l’opposition et une frange de la société civile, un lourd bilan humain est dégagé. Selon le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), dix cas de morts ont été enregistré à Conakry. Le gouvernement lui parle de quatre morts dont un par accident et un autre par arrêt cardiaque.
Mamadou Kaly Diallo, activiste des droits humains, dénonce un scrutin sanglant. Selon lui, même au temps du régime de Lansana Conté, le pays n’a pas enregistré de telles violences. “Nous condamnons avec la dernière énergie ces assassinats qui viennent rendre un scrutin sanglant. C’était du jamais vu, lors d’un seul scrutin qu’il y ait tant de morts. Tout cela constitue des violations systématiques et massives des droits de l’homme qui ne font pas honneur à la démocratie guinéenne et d’ailleurs qui portent un sérieux coup parce que c’est un recul grave des droits de l’homme en République de Guinée. Même au temps du feu Général Lansana Conté, un régime militaire, on n’a pas vécu ce qu’on est en train de vivre”, a-t-il condamné.
“En violation de l’article 80 du code électoral qui stipule que le dépouillement doit se faire au niveau des bureaux de vote, les dépouillements se font au niveau des mairies et par endroit au niveau des camps militaires. La démocratie guinéenne a reçu un sérieux coup et un recul grave et systématique d’autant plus que c’était prévisible parce que tous les acteurs qui sont intervenus (CEDEAO, UE, UA…) ont demandé qu’il y ait préalablement un cadre de dialogue et de concertation entre les différents acteurs afin qu’il y ait un minimum de consensus pour vu que les élections soient inclusives et transparentes. Malheureusement, ce que nous avons enregistré le jour et le lendemain du scrutin, je ne suis pas en train de justifier mais c’est la logique de l’impasse sociopolitique qui a prévalu avant le jour du scrutin”, a ajouté cet activiste.
Et malheureusement, rajoute-t-il, on est en train de voir des choses très graves parce qu’en plus des symboles de l’État qui ont payé les frais de cette violence, il y a aussi les lieux de culte. L’église de N’Zérékoré a été incendiée, la mosquée de tata (Labé) a fait l’objet d’attaque et les fidèles gazés, tout cela est inquiétant.
Diop Ramatoulaye
Ancien ministre Mamoudou Thiam: blanchi par la justice guinéenne, libéré par la justice américaine
Lire